Le vieux village et la palmeraie de Misfat Al Abriyin

Après avoir découvert le village de Al-Hamra, nous nous rapprochons du sommet du Djebels Shams et prenons la route de Misfat Al Abriyin, un village perché à 1000 mètres d’altitude. La route offre de beaux points de vue, nous faisons quelques brefs arrêts pour en profiter.

Une fois arrivés à Misfat, nous nous arrêtons un peu avant que la route se sépare en un « y », sur le parking de ce qui semble être une mosquée ou, en tout cas, un lieu communautaire pour les hommes du village. Nous décidons de prendre la direction du village « récent » (la branche de droite du y) afin d’avoir une jolie vue sur le partie ancienne.

Nous trouvons un petit sentier qui descend entre les maisons dans la palmeraie. Rapidement, nous nous arrêtons à l’ombre d’un palmier pour pique-niquer. Quelques fourmis s’attaquent à notre plat (encore un indien !) mais c’est une pause agréable.

Nous reprenons ensuite notre balade et suivons le sentier principal dans le palmeraie. Nous longeons ainsi la falaise dans ce qui nous semble être la direction du vieux village ! La vue est vraiment splendide, entre végétations luxuriantes et falaises arides dans le lointain, nous en prenons plein les yeux. Nous observons plusieurs types de plantation, dont des bananes, mais ne croisons pas âme qui vive.

Après environ 45 minutes de marche, nous finissons par arriver au niveau du vieux village. À l’entrée, plusieurs panneaux invitent les visiteurs à se couvrir les épaules et les genoux afin de respecter les coutumes et sensibilités locales. C’est la première fois de notre séjour que nous voyons ce genre d’avertissement. Nous nous baladons dans les ruelles, c’est un tout petit village ; très charmant mais assez touristique. Nous nous arrêtons pour boire un jus frais et profitons de la vue qui s’offre à nous.

Notre campement à proximité de Misfat Al Abriyin

En fin d’après-midi, nous regagnons notre voiture et nous engageons sur le sentier qui nous avions repéré dans notre « Oman off-road », juste en face du parking où nous nous étions arrêtés le matin même. Après seulement quelques centaines de mètre, nous trouvons un endroit parfait pour installer notre campement.

Aussitôt décidé, aussitôt fait ! Nous « plantons » la tente (façon de parler car nous la calons avec de grosses pierres, il est impossible de planter les sardines dans le sol rocailleux d’Oman…) et profitons de la superbe vue que nous avons sur la vallée en face. Nous sommes un peu en retrait de la piste, au calme.

Nous explorons les alentours de notre camp, Vincent prépare un feu, nous nous occupons du dîner. Nous regardons le soleil se coucher sur les montagnes au loin puis nous contemplons le feu. Cette soirée est l’un de mes meilleurs souvenirs à Oman ! Le calme, la vue, le feu, les étoiles, tout était au rendez-vous, je n’aurais pas pu rêver mieux 🙂

Contrairement à la nuit sur la plage, je passe une très bonne nuit et dors comme un bébé. Le réveil est moins difficile ! Alors que je me brosse les dents après un rapide petit-déjeuner, nous sommes envahis par un troupeau de biquettes qui déboulent sur notre campement ! Elles sont fort nombreuses et un peu envahissantes. Le berger finira par pointer le bout de son nez quelques minutes plus tard.

Alors que nous nous arrêtons pour jeter nos déchets de la veille dans une poubelle à la sortie du sentier, un omanais à vélo (et habillé à l’occidentale ce qui est assez rare) s’approche de Vincent et entame la conversation. Il a installé son campement à quelques centaines de mètres du notre et nous l’avions visiblement intrigué… Nous passerons une bonne vingtaine de minutes à échanger avec lui, il nous invite même à venir chez lui à Mascate !

À la découverte du Djebel Shams

Nous prenons la direction du Djebel Shams, le point culminant d’Oman, à plus de 3000m d’altitude. Nous arrivons au sommet assez tôt dans la matinée, la route n’est pas si difficile (surtout avec un 4×4), seule une petite partie n’est pas goudronnée. Nous dépassons les quelques « resorts » (qui n’ont a priori de resorts que le nom…) et allons nous garer à côté d’un petit hameau où nous voyons plus de chèvres que d’humains ; seules quelques vieilles dames vendent des bracelets et porte-clés qu’elles fabriquent. Cette journée est décidément placée sous le signe des biquettes !

Nous sentons toute de suite que nous sommes montés en altitude, il fait plus frais ! Nous décidons de tenter la randonnée appelée la « Balcony walk » et ce malgré mon vertige. Il s’agit d’un sentier très bien balisé mais à flan de montagne. Ce n’est pas très difficile physiquement, toutefois si vous avez le vertige, ça peut s’avérer impossible. J’ai vraiment pris sur moi à certains passages, en marchant très lentement et me tenant le plus collée possible à la paroi.

La vue est spectaculaire ! Le site est également appelé le « Grand canyon d’Arabie » et l’on comprend pourquoi. Le canyon est si vertigineux qu’on ne voit que très rarement le fond. Il est également possible d’admirer la vue sans faire la balade, grâce à un « view point » installé au bord de la route, un peu avant les resorts.

La randonnée se termine dans un village semi-troglodyte entièrement abandonné aux chèvres (encore elles !) depuis les années 70. On se demande bien comment des gens ont eu l’idée de s’installer dans un endroit aussi reculé et difficile d’accès, c’est sûr qu’ils ne devaient pas être dérangés.

Les terrasses à flan de montagne laissent à penser que les habitants étaient des agriculteurs. On voit que l’endroit est normalement approvisionné en haut par une sorte de cascade avec un bassin de rétention situé en dessous mais lors de notre visite, il n’y a pas une goutte d’eau.

Nous pique-niquons dans le village, à l’ombre d’une grande roche. C’est alors que nous sommes attaqués par une chèvre très gourmande, que je baptiste Édouard. Alors que nous mangeons joyeusement nos légumes au hummous, celle-ci s’approche de plus en plus de nous et nous fixe droit dans les yeux. Mon âme de bergère surgit alors et je dompte Édouard à coup d’épluchures de concombre !

Après cette pause pimentée, nous repartons en sens inverse, en direction de la voiture. Je fais le chemin du retour à toute vitesse, tant j’ai hâte de ne plus marcher à deux pas du vide ! Au total, en comptant notre pause pique-nique, nous sommes partis environ 3h30. Nous avons croisé quelques petits groupes (parfois un peu bruyants, il faut dire que ça résonne) mais c’est loin d’être la cohue.

Nous avions initialement prévu de dormir en haut du Djebel Shams mais la journée était finalement loin d’être finie à notre retour de balade. Nous décidons donc de prendre la route de Mascate dès à présent afin de gagner du temps pour la journée du lendemain et de pouvoir visiter la Grande Mosquée qui n’est ouverte que le matin (de 8 à 11h, sauf le vendredi, c’est pourquoi nous n’avions pu la visiter le jour de notre arrivée).

2 réponses sur “Le Sultanat d’Oman en une semaine #5 : Misfat Al Abriyyin et le Djebel Shams”

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