Arrivés au Laos le 30 novembre, nous quittons le pays au lendemain de Noël. En écrivant ces lignes, je me rends compte que nous sommes restés près d’un mois sur place, dont plusieurs journées entières de trajet, et nous aurions facilement pu rester plus longtemps.

Le Laos est le premier pays de notre voyage que nous ne visitons pas seuls, tout d’abord notre ami Quentin est venu depuis la France pour ses vacances, ensuite Virginie et Robin, rencontrés au Kirghizistan, nous ont rejoint. Nous avons donc adapté cette étape aux envies et besoins de chacun. Par exemple, nous avons fait beaucoup moins de scoot qu’en Thaïlande.

Nos impressions sur le Laos

Le Laos est probablement le pays le plus pauvre que nous ayons visité jusqu’à présent. Ce petit pays est encore relativement méconnu (si l’on compare à ses voisins thaïlandais et vietnamiens) et il n’était clairement pas en haut de notre « bucket list » mais finalement nous en repartons agréablement surpris.

Nous avons eu un ressenti assez différent entre le nord et le sud du pays (en considérant Vientiane comme le centre). Pour résumer, nous avons eu un meilleur feeling avec les habitants au sud du pays. Franchement, je n’ai pas trop d’explication à ce sujet, simplement nous avons eu l’impression qu’au sud du pays, les locaux étaient plus souriants et plus accueillants.

Je retiens aussi du Laos les très nombreux enfants que nous avons croisé absolument partout. Que nous soyons en ville ou en train de circuler en bus dans le pays, j’ai l’impression d’avoir vu bien plus d’enfants (de moins de 10 ans) que d’adultes ! L’âge médian de la population ne doit pas être bien élevé (d’après Wikipedia, il est d’environ 22 ans).

Ce qu’on a aimé 👍

  • Commençons par un bon point gastronomique : quel plaisir de retrouver du pain (et des sandwichs) ! Des petites baguettes au petit-déjeuner, c’est un bon début !
  • La nature est splendide et relativement préservée. Même si le Laos n’a pas d’accès à la mer, on n’y manque pas d’eau grâce au Mékong et aux nombreuses cascades !
  • Globalement, le pays est préservé du tourisme de masse. Seule Luang Prabang est colonisée par des bus de touristes chinois (même si ça reste bizarrement tout à fait supportable). Dans le reste du pays, nous étions plutôt seuls et tranquilles (eh oui, même à Vang Vieng dès que nous sommes sortis du « centre ville ») !
  • La ville de Luang Prabang est pour l’instant en haut du podium de mes villes préférées d’Asie. À la fois animée et tranquille, pleine de temples et proche de la nature, c’est une ville très agréable pour se poser plusieurs jours.
  • Les locaux ne sont pas prise de tête et pas stressés. Cette nonchalance peut parfois agacer mais la plupart du temps, nous avons bien apprécié ce côté relax. En voyage, c’est agréable de prendre son temps et les laos sont plutôt experts en la matière !
  • Les sourires des locaux dès que tu montres que tu t’intéresses à leur culture (notamment avec nos trois mots de lao) et les salutations enthousiastes des enfants dans la campagne.
  • Pour les petits budgets, il est possible de se loger à très bas coût (nuit en auberge de jeunesse pour 4€, petit-déjeuner inclus).

Ce qu’on a pas aimé 👎

  • La spécialité locale du sticky rice s’apparente pour moi à du riz mal cuit (désolée) ! Comme si ça ne suffisait pas qu’on se tape du riz à tous les repas depuis des mois, au Laos ils ont décidé de manger du riz ultra cuit et compact… Clairement, je n’adhère pas !
  • Devoir payer 1€ pour tout et n’importe quoi, à la moindre occasion (pour visiter une cascade passe encore mais pour traverser un village ou passer un pont ?).
  • Globalement, le rapport qualité / prix des hébergements est moins intéressants que dans les pays voisins (notamment en Thaïlande). Nous sommes régulièrement tombés sur des logements sales (ou pas très propres). Peut-être avons-nous simplement manqué de chance ?
  • À Vang Vieng, nous avons eu l’impression que les locaux n’avaient que faire des touristes présents. Personne ne semblait avoir envie de répondre à nos questions, d’organiser un tour que nous souhaitions, de nous louer une chambre et ainsi de suite ! Notre bus pour quitter la ville nous a carrément oublié et il a fallu plus d’une heure au réceptionniste de notre auberge pour appeler la compagnie de bus…
  • Les prix élevés de certaines prestations destinées aux touristes, notamment les treks dans le Nord du pays (beaucoup plus chers qu’en Birmanie par exemple) ou même la location avec chauffeur d’une voiture sur la boucle de Thakhek (95€ / jour non négociables, de la folie vu le niveau de vie du pays !).
  • La longueur des trajets en bus ! Les routes sont défoncées et nous avons passé beaucoup de temps dans les bus pour traverser le pays du nord au sud. Généralement, ça ne me dérange pas de passer du temps dans les bus car ça nous permet de voir la campagne (et les endroits non touristiques) et parfois d’échanger avec les locaux mais au Laos, nous avons un peu saturé.

Quel circuit pour trois semaines au Laos ?

Comme d’habitude, nous avons pris notre temps et il est possible de faire plus de choses en trois semaines. Toutefois, ne sous-estimez pas les temps de transport, ils sont vraiment plus conséquents que dans les pays où nous étions précédemment (à moins de prévoir des trajets en avion, ce qui peut être préférable pour un court séjour).

  • Deux jours sur le Mékong : si vous arrivez au Laos depuis le nord de la Thaïlande, ce trajet en bateau permet d’avoir un premier aperçu des paysages du Laos (il est possible de rejoindre Luang Prabang en bus également).
  • Luang Prabang : incontestablement la ville la plus charmante du Laos avec ses nombreux temples, ses maisons coloniales et la proximité des fameuses Kuang Si Falls.
  • Vang Vieng : une ville inintéressante heureusement entourée de magnifiques roches karstiques (à découvrir en scooter, en montgolfière, à pied ou en buggy !).
  • Vientiane : sans être une étape insipide, la capitale du pays ne fait pas rêver. Cette étape peut être pratique pour faire son visa pour le Cambodge.
  • Thakhek (brièvement) : point de départ de la boucle de Thakhek (très compliqué, pour ne pas dire impossible, de louer une voiture).
  • La boucle du plateau des Bolovens et Champasak : superbe road-trip (en scooter ou en voiture) pour découvrir la nature et les petits villages du Laos.
  • L’île de Don Khone sur les 4000 îles : idéal pour se reposer quelques jours au bord du Mékong (encore mieux si votre hôtel a une piscine).

Comme recommandé sur de nombreux blogs, vous pouvez sauter les étapes de Vang Vieng et Vientiane si vous manquez de temps (mais dans ce cas, si vous ne prenez pas l’avion, il faut enchaîner 24h de bus de Luang Prabang à Thakhek…). Les paysages autour de Vang Vieng sont tout de même très impressionnants, notamment si vous n’avez jamais vu de roches karstiques.

Si nous avions eu plus de temps, nous aurions aimé ajouter une étape dans les montagnes du nord du pays, vers Nong Khiaw (ce qu’a fait notre ami Quentin retrouvé sur place). De même, nous aurions aimé parcourir la boucle de Thakhek et découvrir la fameuse grotte de Konglor. Qui sait, peut-être reviendrons-nous un jour ?

Comment se déplacer au Laos ?

Comme toujours, nous ne nous sommes préoccupés de nos transports qu’une fois sur place. Aucun soucis, il est facile de trouver les informations, notamment auprès des guesthouses qui vendent toutes des tickets (pensez à bien comparer les prix et à négocier). Pour nous déplacer d’une étape à l’autre, nous avons utilisé indifféremment des bus, des mini-vans et même une sorte de gros tuk-tuk (le « local bus »). Nous avons également passé deux jours sur un « slow boat » pour rallier Luang Prabang depuis la frontière thaïlandaise.

Nous n’avons pas testé les bus de nuit mais nos amis Robin et Virginie s’en sont chargés pour nous ! Le concept est un peu spécial : en lieu et place des sièges, vous avez des sortes de couchettes pour deux personnes. En gros, c’est plutôt correct si vous voyagez à deux (et à condition de ne pas être trop grands, les couchettes sont au format local et les laos ne sont ni bien grands ni bien gros) mais ça peut être carrément glauque dans le cas contraire. Personnellement, je n’apprécierais pas vraiment de partager ma couchette avec un homme inconnu…

Ce qui est pratique au Laos, c’est que les tickets de bus incluent très souvent le pick-up à l’hôtel. En revanche, les gares routières des villes sont rarement, voire jamais, situées au centre ville. Une fois arrivés à destination, il faut donc négocier avec les tuk-tuks qui veulent toujours nous faire payer le prix fort. N’hésitez pas à vous regrouper avec les autres touristes de votre bus pour réduire le coût (nous avons réussi à faire tenir 11 personnes et tous les sacs à dos correspondants dans un tuk-tuk !).

Comme dans la plupart des pays d’Asie du sud-est, il est pratique de louer un scooter pour parcourir de petites distances (par exemple, vous rendre aux Kuang Si Falls depuis Luang Prabang) ou se perdre dans les petits villages et la nature laotienne. Voyageant cette fois avec des amis pas très adeptes du scooter, nous ne l’avons fait qu’à Vang Vieng mais c’est possible partout ailleurs. Enfin, toujours en compagnie de nos amis, nous avons choisi de faire la boucle du plateau des Bolovens en voiture et avons donc loué un beau pick-up pendant 5 jours.

En résumé, les options ne manquent pas et vous trouverez toujours un moyen de transport adapté à vos envies et votre budget. Les temps de trajet sont par contre assez longs et imprévisibles. Ils nous a ainsi fallu plus de 7 heures pour atteindre Thakhek depuis Vientiane, soit moins de 350 kilomètres ! Les routes ne sont pas vraiment en bon état. Le confort des bus est relativement aléatoire ; vous pouvez voyager avec des poules mais aussi avec des passagers assis sur des tabourets en plastique dans l’allée centrale du bus… Et surtout, prenez vos précautions car les « pauses pipi » sont optionnelles et dépendent du bon vouloir du chauffeur !

Quelles sont les spécificités au Laos ?

En comparaison à la Thaïlande où nous étions juste avant, les laotiens semblent mener une vie assez calme, loin de la frénésie occidentale. Les routes ne sont pas très développées, les hamacs sont légion, les enfants jouent dans les rues à toute heure. Même la capitale, Vientiane, n’a rien d’une grande ville dynamique du sud-est asiatique, comme peuvent l’être Bangkok ou Ho Chi Minh.

Même si le tourisme ainsi que les investissements étrangers (notamment chinois) se développent rapidement ces dernières années, l’activité économique du pays repose principalement sur l’agriculture et l’artisanat. Dès que nous étions dans zones rurales, nous pouvions voir les habitants travailler dans les champs et les rizières (souvent équipés d’un simple motoculteur), pêcher dans les eaux du Mékong, s’occuper de leurs animaux ou fabriquer des paniers tressés.

Grâce au petit musée UXO de Luang Prabang, nous avons pu nous rendre compte que le pays est encore marqué par la guerre du Vietnam. Les bombardements américains intensifs de l’époque posent encore problème aujourd’hui. En effet, les bombes non explosées font encore des morts et des blessés chaque jour, notamment parmi les enfants à la campagne et dans les endroits les plus reculés. Le pays est loin d’avoir fini de sécuriser toutes les zones qui doivent l’être !

Depuis 1975 et la fin de la guerre du Vietnam, le nom officiel du Laos est « République démocratique populaire lao » et le Parti communiste est le seul parti politique autorisé au Laos. Au quotidien pour nous, cela s’est surtout traduit par la présence de drapeaux communistes à tous les coins de rue. Le capitalisme est en vérité pas bien loin, surtout dans les villes comme Luang Prabang et Vientiane où l’on voit de nombreuses affiches publicitaires pour les derniers smartphones à la mode.

Concernant cette ambivalence entre situations de précarité et volonté de développement intensif, j’ai trouvé cet article de Géo très intéressant ! Les projets de barrages hydrologiques, menaçant les écosystèmes et nécessitant de déplacer des milliers de personnes, font notamment polémique.

Et le budget dans tout ça ?

Notre budget au Laos est un peu plus élevé que dans les pays précédents (Thaïlande et Birmanie) avec 52€ par jour pour deux personnes (hors visa). Même si nous avons aussi trouvé les repas un peu plus chers que dans les pays voisins (tout est relatif), ce budget est clairement gonflé par notre location d’un pick-up sur le plateau des Bolovens. Il est possible de s’en tenir à notre budget habituel de 50€ par jour pour deux (et ce, même en incluant le visa).

Un point de dépense à prendre en compte sont les frais de retrait imposés par les distributeurs. Les distributeurs BCEL prélèvent 20k KIP par retrait (environ 2€). Il vaut donc mieux retirer le plafond maximum à chaque retrait (1 500k KIP, environ 156€).

Quelques exemples :

  • Un trajet en bus entre deux grandes villes : environ 100k KIP (soit 10€).
  • Une nuit en chambre double avec petit-déjeuner : très variable selon le niveau de confort, nous avons payé entre 50k et 250k KIP (de 5 à 25€).
  • Un repas pour deux : entre 40k et 80k KIP (environ 6€).
  • Une bouteille d’eau : 3000 KIP (soit 0,30€).
  • Une pinte : entre 10 et 15k KIP (environ 1,2€).

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